Comme je le disais , une envie de rien avec ce temps sale , et puis, des gamins sortant de l'école, nous hèlent en passant et essaient de nous suivre avec leur vélo, comme nous nous arrêtons un peu plus loin à un embranchement, ils arrivent à nous rejoindre tout essoufflés.
- Vous êtes français?
- ben oui .
- Venez prendre le thé à la maison.
- merci , c'est gentil , mais non , on continue notre route, une autre fois in-challah...
La dessus le grand frère arrive (23 ans).
- oui venez prendre le thé , non, je ne suis pas un guide, juste le plaisir etc...
- merci , c'est gentil , mais non , on continue notre route, une autre fois in-challah...
Et nous continuons , mais la route nous éloigne de la palmeraie et comme nous voulions y déjeuner à l'intérieur afin d'avoir moins de vent et de poussière, nous faisons demi-tour. Et là nous voyons le grand frère, assis devant sa maison, un peu à l'écart de la route (100 mètres) ayant l'air de sérieusement s'emmerd.... Nous allons vers lui et lui demandons si on pouvait déjeuner sous les arbres.
- pas de problèmes , venez prendre le thé avant à la maison, c'est l'apéritif berbère!!!
Et nous acceptons, un peu méfiant sur ce qu'il allait essayer de nous vendre après. Entre le temps, d'ôter les chaussures, de s'installer, de chauffer l'eau, d'aérer le thé etc. , la cérémonie du thé dure une bonne heure et chose assez étonnante, la mère et la grande sœur viennent le prendre avec nous. Après les 3 tasses réglementaires, nous prenons congé avec toutes les formalités d'usage et allons nous installer dans la palmeraie. Rendez-vous est pris avec le grand frère pour nous accompagner voir le barrage. Nous ne le verrons jamais!!!!
-Pourquoi vous voulez repartir après la visite du barrage? Restez manger ce soir le tagine ou le couscous avec nous!! Si Si , il y a de la place pour coucher, pas de problème! oui, oui, mon père est d'accord,- mais non vous n'allez pas nous déranger, oui, oui, ma mère est d'accord.
Devant tant d'insistance, nous acceptons, mais nous savons aussi que ces gens ne sont pas riches et ne voulons pas abuser de leur hospitalité et de leur générosité, nous repartons vers Guelmine accompagné du grand frère Omar faire les courses pour le tajine.
Nous arrivons chez le marchand de poulet où nous demandons un beau poulet, mais ce sont des vivants. Pas de problème, après l'avoir pesé, il passe vite fait, de vie a trépas et, en deux temps trois mouvements le voila plumé, vidé, prêt a cuire et on passe au souk aux légumes. Je fais remarquer qu'il faut aussi du pain, Omar me dit qu'il y en a à la maison , d'accord mais on achète des pâtisseries. De retour à la maison avec nos provisions, le père et un de ses amis s'apprêtent à prendre le thé à l'ombre dans le jardin, nous allons les saluer et on recommence une cérémonie de thé, on apporte les tapis dans le jardin , le gaz , la bouilloire, la théière etc... Paulette n'ayant pas du tout envie de thé, dit qu'elle va voir les femmes. Le thé fini, la nuit tombe, le père veut absolument que je rentre la voiture dans la grange pour la nuit et on déplace le foin pour la mettre, puis nous rentrons à la maison, nous refusons leurs lits puisque nous avons nos matelas et nos sacs à viande(sacs de couchage). Pendant que nous prenions le thé, Paulette était partie ramasser l'herbe pour les animaux avec une tante et avait assisté à la préparation du pain avec la grande sœur, Fatima. La mère préparait le tagine. Les hommes ne sont pas trop accepté dans la cuisine, mais la curiosité l'emporte et je vais voir la cuisson du pain et du tagine. Le repas excellent dans la qualité, me déçoit par son manque de convivialité, en effet, nous ne sommes que 4 autour de la table: Omar, Rachid , le 2ème fils de 15 ans, Paulette et moi. Comme j'avais posé la question auparavant si ils aimaient le vin et que l'on m'avait répondu oui, je me retrouve seul avec mon litron car, seul Omar le goûte. Le père a mangé avant, le plus jeune fils mange avec les femmes. Nous mangeons le tagine de bon appétit mais en nous brulant les doigts car, ici on mange avec la main droite de préférence.
Après le repas on se retrouve quand même, presque tous, dans la pièce que l'on nous a gentiment prèté pour la nuit, à reprendre le thé. Un peu de discussion, mais la communication est difficile, la mère, la tante, Fatirah la plus jeune sœur et Samiel le plus jeune frère ne parle pas du tout le français . Omar, et Fatima un "chouia" et Rachid un peu plus. Mon appareil photo numérique les intéresse car on voit aussitôt le résultat et nous prenons quelques photos.
Tout le monde fatigué et le ventre plein ce couche de bonne heure. C'est le calme absolu, idéal pour dormir, alors, je maudis les 9 tasses de thé qui me font passer une nuit blanche.
Le matin, la toilette est rudimentaire, puis c'est le petit déjeuner avec Omar, les plus jeunes sont déjà partis à l'école. Le vrai petit déjeuner ce compose de café ou thé et de pain trempé dans l'huile d'olive, nous, nous avons en plus la pâtisserie restée d'hier soir et des gâteaux maison. Sitôt le déjeuner pris les femmes arrivent nous tenir compagnie, la discussion étant difficile, je pense que les photos du début de notre voyage peuvent les intéresser. Nous regardons beaucoup de photos. Les femmes doivent aller travailler, c'est à dire trier les graines de couscous, je pense, pour faire le repas du midi, le père lui est parti au souk. Malgré l'insistance pour nous garder encore, vu la difficulté de communication, nous décidons de partir. On demande pardon à Rachid qui sera très déçu de ne pas nous retrouver à son retour de l'école.
Quelques photos que vous retrouvez dans les photos de la semaine:
- Omar entouré de Fatira (la plus jeune) et de Fatima
- Celui en chaussette , devinez! et le plus jeune c'est Rachid
- Là aussi vous connaissez déja cette personne accompagnée de Fatira